Les constats qui dérangent…

Article de Médiapart du 21 novembre :

L'indispensable clarification concernant une banque « mutualiste » vient d'être reportée (article de Véronique Chocron dans les Echos du 10 novembre : la réorganisation du Crédit Agricole repoussée) et c'est l'aveu définitif d'une situation folle.

Lâcheté après lâcheté, mensonge après mensonge, c'est l'éternel report des vraies questions... celles que je soulève depuis trente ans concernant les obligations légales, l'installation des transparences et le nécessaire respect de la loi fondamentale du 10 septembre 1947.

J'ai désigné ceux qui portent la confusion comme la nuée porte l'orage. A commencer par Daniel Epron, remarquable homme-orchestre. Administrateur de la Caisse Nationale du Crédit Agricole... mais aussi de la filiale « Crédit Lyonnais » et des filiales spécialistes du « revolving » (CA Consumers). Et président de la société coopérative « Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie » (société-mère de toutes ces structures « capitalistes »)...
D'où les gigantesques conflits d'intérêts.

Daniel Epron est surtout un multi-cartes, financièrement associé à Véronique Louwagie qui fait rire la France entière dans son rôle de députée folklorique. C'est lui qui prétend que « les parts sociales n'ont rien à voir avec le sociétariat » et que les Assemblées Générales sont « bidons » (et qui vend de la part sociale comme placement financier). Son actuel propos est « nous repoussons la réorganisaton du Crédit Agricole ». Qui ça « nous » ? Les sociétaires ? Quelles sont les décisions prises par les sociétaires ? A quel moment ? A défaut des sociétaires, les administrateurs se sont-ils prononcés ? A Gacé ? A Domfront ? A L'Aigle ?

Ma demande est la « remise d'équerre ». En pratique, Daniel Epron s'enfonce délibérément dans le brouillard et le déni.

L'argent continue à passer d'une poche dans l'autre en auto-contrôle. Elle est où ma poche mutualiste ? Elle est où ma poche capitaliste ? Et le compte vidé ? Formidable bonneteau : voyez, je suis administrateur bénévole, voyez, je suis spéculateur.
La nouveauté est que ça choque.

D'où la recherche d'un impossible paravent. « Ils » n'ont pas compris que la farce est allée trop loin. Corrompre la Cour d'Appel de Paris, fallait oser... Ridiculiser la Cour de Cassation, c'était trop. C'est qui « ils » ? Les oligarques, les barons, les initiés, le club FNSEA et le grand manitou Xavier Beulin, président de la FNSEA et de Sofiproteol, multi milliardaire enrichi par les subventions et les sociétaires. Maître dans le blanchiment de l'argent sale et ennemi de l'agriculture  propre.

J'ai alerté le procureur sur les fraudes et il a vérifié, via une enquête de gendarmerie qui a confirmé l'enquête plus ancienne de la brigade financière... sans résultat à ce jour. Il faudra pourtant trancher.

Reste la façon curieuse dont la Cour de Cassation s'est retoquée elle-même (les sociétaires sont sociétaires, sans être sociétaires, tout en étant sociétaires).

Qui doit contrôler ? Les actionnaires minoritaires ? Les sociétaires propriétaires ? En fait, les directeurs d'agences (ceux qui sont d'abord gérants des sociétés coopératives initiales, des sociétés-mères... et donc pénalement responsables).

A cet endroit exact se situe le nœud de la corruption. Comme confirmé par Albert Baradu et Philippe Dutremblay... et tous les autres gérants que nous avons mis au pied du mur. Leur réponse ? « Nous ne sommes que des marionnettes ». Contrôleurs payés par les contrôlés.

Résultat ? Dix milliards d'euros piqués aux sociétaires. Et pas que. Ça n'a pas de bon sens. Ça manque de logique. Plus exactement, il n'en faudrait qu'une et il y en a deux.

Un conflit qui doit trouver sa solution et c'est le travail des politiques. Il faut trancher et clarifier. Comme l'explique Véronique Chocron, tout est - une fois de plus - repoussé. Aux internautes de s'exprimer. Aux citoyens, aux sociétaires, d'avoir le dernier mot pour imposer la logique de l'argent serviteur. Pas facile ? Urgent et logique. Si la clarification est trop difficile aujourd'hui... elle sera totalement impossible demain. Repousser les décisions, c'est foncer dans le mur. On ne fait pas plus idiot.

Comment peut-on être, dans chacune des régions, le vaisseau amiral de l'Economie Sociale et Solidaire et – à Paris – la vedette du CAC 40 ? Schizophrénie ? Il faut refuser l'omerta, résister à la mafia, imposer la transparence et le respect de la loi. Désormais via l'open source, l'open data, l'accès automatique aux informations.

Les magistrats sont là pour faire respecter la loi. Les lois qui interdisent le détournement de la richesse des sociétaires. La clarification est urgente. Le parlement doit trancher ce dossier. La totale clarification est indispensable pour le respect du barème égalitaire (voté par les sociétaires en assemblée générale), la redistribution des excédents, les conflits d'intérêts, le prosélytisme pour la loi de 1947et l'absurdité des filiales capitalistiques.

Essentiel

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