La CGT dénonce les effets terribles du dernier accord signé le 30 octobre par la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et les organisations patronales sur notre système de retraite complémentaire et qui confirme les reculs pour le monde du travail :

  • report de l’âge de départ en retraite d’un an,
  • sauf à subir 10 % d’abattements pendant 3 ans auxquels seront assujettis tous les salariés y compris les 56% d’entre eux qui ne sont plus en activité au moment où ils font liquider leurs droits à retraite,
  • baisse du niveau des pensions par la diminution de 8,5 % du rendement des régimes
  •  remise en cause des droits spécifiques pour les cadres et assimilés, notamment la GMP et l’incertitude sur l’avenir de leur statut.

Alors que les derniers chiffres du chômage montrent que l’emploi des seniors et des jeunes ne cessent de se dégrader, que notre économie souffre d’un manque de consommation, les mesures contenues dans cet accord reportent l’âge légal de départ en retraite et entérinent une baisse du niveau des pensions par :

  • la sous-indexation de 1 point par rapport à l’inflation
  • le report de la revalorisation au 1er novembre
  • l’augmentation du prix d’acquisition du point

La catégorie cadres et assimilés est particulièrement visée par la disparition  de l’AGIRC, la disparition de la GMP (garantie minimale de point), la remise en cause de l’APEC et du statut cadre.

Cet accord est particulièrement odieux pour les femmes qui liquident leurs droits à  retraite 8 mois après les hommes, qui perçoivent des pensions inférieures de 40% à l’ARRCO et 60 % à l’AGIRC par rapport aux hommes. Elles seront à nouveau les grandes sacrifiées de cet accord.

La CGT entend poursuivre son travail d’information, d’alerte sur les conséquences d’un tel accord qui va à l’encontre des intérêts des salariés et des retraités et qui va dans le sens d’une plus grande place faite aux assureurs privés.

La CGT et son UGICT proposent d’augmenter les ressources pour financer un bon niveau de retraite

Les reculs imposés par le Medef n’ont rien d’inéluctable. Augmenter les salaires, faire baisser le chômage ou mettre les revenus financiers à contribution permettrait de financer des retraites décentes. Dans le cadre des négociations, la CGT et son Ugict ont fait 3 propositions immédiatement applicables qui permettent de résorber les déficits et de préserver le niveau des pensions.

1. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes

Progressivement réalisée, elle permettrait un accroissement des cotisations tel que tout déficit serait effacé à l’ARRCO et permettrait de constituer 14 mois de réserve.

Quant au déficit de l’AGIRC, il serait réduit d’ici 2040 de 46 %.

2. L’alignement des taux de cotisation

Appliqués sur la part des salaires au-dessus du plafond de la Sécurité Sociale : soit une augmentation de 0,93 point de la part salariale des cotisations AGIRC pour rétablir l’équilibre financier.

Par exemple, cela représente pour un salaire mensuel de 4 000 € brut : 7,72 €uros de cotisations supplémentaires.

Cette mesure suffirait à rétablir l’équilibre financier de l’AGIRC.

 3. L’instauration d’une cotisation strictement patronale,

au taux de 10 %, sur les éléments de rémunération non soumis à cotisation dans les régimes complémentaires (intéressement, participation, épargne salariale, etc.) : d’ici 2040 les déficits de l’AGIRC seraient réduits de 24 % et ceux de l’ARRCO de  74 %.

Concernant les nouveaux statuts soumis à approbation ce jour, La CGT se prononce, comme lors des négociations AGIRC-ARRCO, CONTRE pour les motifs suivants :

-  Suppression des assemblées générales

-  Suppression des élections

Ces dispositions auront pour effet d’éloigner les salariés et les retraités de la gestion de leurs institutions et d’empêcher tout débat démocratique. Les statuts tournent le dos à une juste représentativité dans notre  groupe.

Voilà ce que certains appellent un accord juste et équitable !